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Uart : « La transition numérique, défi numéro 1 du monde de l’art. »

Cette semaine Hiscox présente son étude annuelle sur l’art en ligne. A cette occasion nous avons rencontré Anne-Constance Launay, co-fondatrice de Uart, réseau social dédié au monde de l’art. Etat des lieux du secteur de l’art, transformation numérique, enjeux des réseaux sociaux, Anne-Constance Launay revient pour nous sur les thématiques clés du marché.

 

En quelques mots, quel est le concept de Uart et en quoi est-il innovant ?

Uart est le premier réseau social dédié à l’art. De manière pratique, notre plateforme va permettre aux amateurs d’art, collectionneurs, marchands, artistes de se retrouver pour partager leur passion, se rencontrer en fonction de leurs centres d’intérêts. L’inscription est gratuite et chaque utilisateur peut ainsi découvrir des œuvres d’art, des talents…

 

 

Selon vous, pourquoi est-il difficile pour un artiste de se construire un public ?

Un artiste a difficilement accès au marché en dehors de son réseau personnel, de certaines galeries et de son agent. Même si la plupart des artistes ont aujourd’hui des sites internet, sauf exception beaucoup ne sont pas en mesure de développer leur visibilité à travers le web auprès de la communauté mondiale de l’art ; ils ne sont pas des spécialistes du community management. La construction de la notoriété dans le système actuel du marché de l’art ne permet pas aux artistes d’être remarqués hors du circuit traditionnel des musées et des marchands.

 

 

Le marché de l’art en ligne est en forte croissance. Quel est votre sentiment sur la digitalisation de l’art ?

Le marché de l’art en ligne est en forte hausse depuis 5 ans. Cela s’explique par plusieurs facteurs, notamment l’apparition d’une clientèle nouvelle, des collectionneurs plus jeunes, parfois issus des pays émergents et qui contournent volontiers les circuits traditionnels. L’innovation technologique, la diffusion de référentiels sur les prix, la globalisation de la demande et le poids des grands réseaux sociaux généralistes sont d’autres facteurs qui contribuent au développement du marché en ligne.

Le développement du marché de l’art en ligne répond en réalité à un phénomène plus large, que l’on peut résumer dans l’expression : « digitalisation du marché de l’art ».

La digitalisation du marché de l’art inclut certes les transactions en ligne, mais aussi une diversité de services qui introduisent de nouveaux usages liés au numérique, dont les référentiels de cotations (ex. Artprice), la gestion des collections (ex. Collectrium), les banques d’images ou encore le partage de connaissances (ex. Artsy).

Du coté des réseaux sociaux, la digitalisation du marché de l’art n’a pas jusqu’à présent donné naissance à un nouvel acteur, c’est justement l’objet de Uart. Cependant on observe déjà sur Linkedin, Instagram ou Facebook qu’un nombre croissant de collectionneurs et marchands partagent des images et informations sur leurs pièces de collection, ou leurs découvertes dans des foires ou expositions.

Enfin selon nous une conséquence majeure de la digitalisation du marché de l’art sera à terme une plus grande transparence du marché. A travers une circulation beaucoup plus fluide de l’information et des images, notamment. Sur les sites transactionnels de vente comme Artsper par exemple, les prix son indiqués. Sur d’autres sites comme Artsy, il est possible de savoir à partir du nombre de followers quel est l’aura d’un artiste ou l’intérêt d’une de ses œuvres.

 

 

Les réseaux sociaux généralistes, tels que Facebook ou Instagram, se révèlent insuffisants pour constituer d’excellents vecteurs de notoriété pour les artistes, et d’ailleurs aussi pour les collections. Ils ne sont pas conçus pour cela, et la communauté internationale de l’art ne représente qu’une toute petite proportion, moins de 1% des utilisateurs. En d’autres termes, l’art et sa communauté sont un peu noyés sur les réseaux sociaux généralistes.

C’est justement l’objet de Uart. Le réseau social que nous lançons a pour ambition de répondre aux besoins spécifiques de la communauté de l’art. Nous nous inspirons des meilleurs réseaux sociaux existants, et ajoutons ce qu’il faut pour la communauté de l’art. Par exemple, bien mettre en valeur les œuvres à la fois par une très bonne visualisation de l’image, et par une insertion simple et intuitive d’informations pertinentes associées aux œuvres. C’est aussi mettre en valeur des personnes, des artistes, des marchands, des collectionneurs et amateurs dans leurs parcours, leurs choix esthétiques en leur permettant de se rencontrer et se retrouver par leurs centres d’intérêts. Sur Uart les centres d’intérêt sont liés à l’art, les contacts sont facilités.

Les artistes que vous mettez en avant sont-ils tous à l’aise avec les plateformes numériques ? Qu’en est-il des collectionneurs ?

Les artistes ou collectionneurs qui choisissent d’utiliser Uart sont à la recherche justement d’une plateforme adaptée à leur besoin de visibilité mais aussi d’accès à leur propre catalogue d’œuvres. Ils souhaitent élargir leur réseau et accroitre leur visibilité auprès d’autres professionnels ou amateurs d’art.

 

Quels sont selon vous les différents profils de collectionneurs et comment les définiriez-vous ?

Je dirais qu’il y a 4 grandes catégories de collectionneurs. Ceux qui organisent et planifient l’acquisition d’une œuvre d’art dans une logique d’investissement, de placement. Ceux qui constituent une collection de manière ‘classique’ pour ensuite la léguer par exemple à un musée. Ceux qui achètent pour se distinguer socialement, qui espèrent en plus réaliser un bon placement, tout en se faisant plaisir. Ils sont souvent jeunes, sont très actifs sur les réseaux sociaux et pour qui le « click and buy » est un moyen rapide et efficace de constituer une collection. Enfin, il y a les amateurs qui achètent suite à un coup de cœur ou qui souhaitent soutenir les jeunes talents.

 

Quels sont pour vous les grands défis du marché mondial de l’art ?

Le défi numéro 1 du marché de l’art aujourd’hui est la transition numérique.

De nombreuses professions dans le secteur souffrent aujourd’hui du manque de renouvellement de leur clientèle, de la faiblesse de leur écosystème et de leur manque d’intégration avec les autres marchés régionaux. Or le marché de l’art, du fait de la rareté des objets qui s’y échangent est par nature global. La transition numérique est plus que jamais indispensable.

 

Quelles sont vos ambitions pour la suite ?

Uart permet de mettre plus d’art dans sa vie. La plateforme est conçue de manière très pédagogique et incite chacun à publier le plus possible de contenu en même temps que l’image d’œuvres aimées – les siennes ou celles d’un artiste que l’on apprécie. Dans l’appli mobile qui sortira à la rentrée nous offrirons un focus particulier sur la découverte d’œuvres et d’artistes inconnus de manière très ciblée et innovante. Nous n’en disons pas davantage pour le moment mais Uart n’en est qu’à ces débuts !

Uart a tout pour devenir le 1er réseau social du domaine et ainsi rassembler la communauté mondiale de l’art.

 

Allez-vous venir disrupter les réseaux classiques ?

Uart apporte une innovation de rupture en ce sens qu’il ouvre un champ de possibilités nouvelles. Cependant Uart ne concurrence directement aucun acteur, la plateforme offre un service qui n’existait simplement pas. Indirectement, oui sans doute Uart est disruptif. Il permet une mise en relation entre collectionneurs et amateurs distants, qui ne se connaissaient pas, et peuvent ainsi échanger des informations, se donner des conseils, de bonnes adresses, partager contacts utiles et bonnes pratiques : bref partager leur passion.

Les marchands peuvent plus facilement repérer les nouveaux talents, élargir leur réseau de contacts et de collectionneurs. Plus tard quand la communauté se sera élargie, les avis des uns et des autres sur une œuvre ou sur un utilisateur permettront de leur donner de la valeur. Je fais le pari que certains artistes émergeront d’eux-mêmes par le nombre de likes reçus de la communauté mondiale de l’art.

 

Quel est le meilleur conseil que vous avez obtenu en tant qu’entrepreneur ?

 Aller de l’avant et, si l’on est ambitieux pour son projet, ne pas calquer ses innovations sur ce qui existe déjà dans le secteur !

 

Vous mettrez bientôt en ligne le site www.uart.com S’agit-il d’une refonte de  http://www.myfineart-exhibition.com ?

Uart.com est le nom de domaine, et Uart est la marque. Le nom ‘My Fine Art Exhibition’ est simplement le nom de l’entreprise qui possède ces actifs. En effet lorsque nous avons créé l’entreprise nous n’avions pas encore de certitude sur la possibilité d’utiliser Uart.com pour lancer notre réseau social destiné aux communautés mondiales de l’art.

 

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5 Commentaires

  1. Ce « Facebook » pour le monde de l’art va ouvrir des portes et créer des ponts entre des personnes qui, dans le système actuel, n’ont quasiment aucune chance de se croiser. Le collectionneur parisien, le trader brésilien amateur d’art, l’artiste argentin, la galerie qui se bat pour exister. Ça va faire grincer quelques dents au passage mais là transition numérique est amorcée et va mettre de l’oxygène !

  2. Excellent article ! Très beau concept ! Uart sera sans doute un des prochains succès de la riche French Tech.

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