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Comment garantir la traçabilité des œuvres d’art en ligne ?

Selon le rapport Hiscox sur le marché de l’art en ligne, 79% aimeraient obtenir davantage d’informations générales sur l’artiste et l’œuvre ou l’objet. En effet, de nombreux freins subsistent à l’achat d’art en ligne. D’après ce même rapport 58% des sondés craignent d’acheter une contrefaçon. Pour les plateformes d’achat d’art en ligne, il est donc nécessaire de rassurer les acheteurs sur la provenance et la traçabilité des œuvres d’art afin de permettre au marché de l’art en ligne de poursuivre sa croissance.  Nous avons interrogé Jurgen Dsainbayonne, cofondateur et CEO de la startup Seezart. Il nous explique comment authentifier les oeuvres d’art en ligne.

En quelques mots, quel est le concept de Seezart et en quoi est-il innovant ?

logo seezartSeezart est une application au carrefour de l’art et des nouvelles technologies.

Nous permettons à l’ensemble des acteurs du marché de l’art d’enregistrer et de certifier digitalement toute les actions qui jalonnent la vie d’une œuvre (création, vente, prêt, leg, restauration…) pour lui créer une provenance sans faille. Pour l’utilisateur, tout se fait en quelques clics depuis l’application. L’avantage est non seulement le gain de temps, la confidentialité mais aussi la disponibilité immédiate des informations relatives à l’œuvre. – L’artiste, collectionneur, galeriste peut visualiser le parcours de vie d’une œuvre à tout moment, et attester facilement de sa valeur au moment de la vente.

Notre application répond au besoin de confiance et de traçabilité des œuvres. C’est un besoin ancien, mais qui est devenu particulièrement criant avec l’explosion des affaires de faux, le trafic d’œuvres illicites, et l’accélération des échanges liée à la digitalisation de l’économie. Nous avons choisi pour ce faire l’une des technologies fiables à ce jour, la Blockchain, et c’est en cela que Seezart constitue une innovation de rupture : nous apportons une solution digitale à un marché reposant jusque-là sur une documentation papier et des modes de gestion disparates.

Comment vous est venue l’idée de garantir la traçabilité des œuvres d’art en ligne ? Racontez-nous votre aventure ?

Le marché de l’art m’a toujours fasciné mais ma passion première, c’est la technologie. J’ai eu envie de concilier ces deux univers en créant une place de marché innovante à la frontière entre design et art. Pour me lancer dans cette aventure entrepreneuriale, je me suis appuyé sur l’expérience de ma sœur, issue du marché de l’art, puis nous avons intégré l’incubateur lillois Euratechnologies. Nellie Jeannin nous a vite rejoints pour nous apporter son expertise en communication.

Nous avons alors mené une première phase d’enquêtes et avons vite compris que l’enjeu n’était pas tant du côté de l’offre que de sa fiabilité… La quasi-totalité des personnes que nous avons rencontrées exprimaient un besoin de garanties et de réassurance. Nous avons décidé de pivoter pour nous concentrer sur cette question essentielle de provenance et traçabilité des œuvres d’art. C’est là qu’est véritablement né Seezart.

Le marché de l’art en ligne est en forte croissance. Quel est votre sentiment sur la digitalisation de l’art ?

Le marché de l’art a été l’un des derniers secteurs à démarrer sa mutation digitale, mais il s’est bien rattrapé ! De 2012 à 2015, c’est plus de 300 sites de vente d’art en ligne qui ont été créés, soit plus d’un par semaine !

Aujourd’hui, le marché de l’art en ligne continue de connaître une croissance exponentielle et a encore progressé de 15% en 2016, selon votre tout dernier rapport 2017. A ce rythme, il pourrait bien approcher les 10 milliards de dollars d’ici 2020. Dans cette même dynamique de digitalisation, quantité de services et d’applications sont apparus ces dernières années et accompagnent avec succès cette spectaculaire mutation. Le marché se fluidifie, les interactions sont plus simples. Avec les digital native, tout doit aller vite et être accessible en quelques secondes. Instagram est d’ailleurs devenu le réseau social préféré du milieu… Seezart n’aurait jamais pu voir le jour sans ce contexte favorable.

Aujourd’hui, nous franchissons un pas de plus dans la modernisation des transactions artistiques car nous rompons avec la tradition du papier. En permettant à l’artiste de réunir toute la documentation liée à ses œuvres dans un grand catalogue raisonné digital, et de gérer ses ventes via une application, Seezart transpose un nouvel usage sur un marché existant qui a besoin de nouveaux outils bien ancrés dans leur temps. Seezart en est un, et doit permettre aux art lovers quels qu’ils soient de se concentrer sur l’essentiel : l’art.

Quelles sont vos ambitions pour la suite?

Optimiser notre V1 grâce aux feedbacks de nos partenaires pour vérifier que les fonctionnalités répondent parfaitement à leurs besoins et à ceux de leurs clients.

Nous partirons ensuite en levée de fonds pour préparer notre V2, déployer une stratégie commerciale d’envergure et fédérer un maximum d’acteurs du marché de l’art autour de notre solution. Notre ambition est de faire de Seezart une nouvelle norme de certification et de garantie de la provenance des œuvres d’art.

Et que cette initiative émerge du marché français sera un signal fort pour le marché de l’art…

Quel est le meilleur conseil que vous avez obtenu en tant qu’entrepreneur ?

Ne jamais perdre le contact avec le terrain ! C’est un point essentiel pour ne pas s’égarer et développer un service réellement en phase avec les besoins du marché. Nous avons passé énormément de temps auprès des artistes, galeristes, collectionneurs pour comprendre leur manière de voir… On peut parler de co-design : Seezart sera à l’image de tous les acteurs que nous avons rencontrés, car nous voulons faire de cette application leur outil au quotidien.

Quel est votre rapport à l’assurance ? A quels risques étiez-vous exposés et quelle était la meilleure couverture pour Seezart ?

Le risque principal est le vol, la perte voire la corruption de données; en effet nous avons vocation à garantir la provenance des oeuvres et donc l’historique des échanges, des propriétés et potentiellement donc la valeur des oeuvres.

De par ses propriétés, la technologie Blockchain ou Distributed Ledger Technology (DLT) répond aux critères de la preuve numérique au sens de l’article 1384 du Code Civil. Même si la réglementation de la blockchain est en cours, il est fort à parier que notre service sera utilisé pour prouver la réalité des transactions, leur légalité et la propriété des oeuvres.

En l’occurence, une assurance cyber-sécurité est une composante importante de notre activité afin de rassurer nos partenaires et couvrir nos risques. À vrai dire, ce type d’assurance est à envisager sérieusement pour tous les professionnels quelques soit leur secteur d’activité.

Merci à Jurgen Dsainbayonne pour son témoignage http://seezart.com pour générer un certificat d’authenticité en quelques clics.

Découvrez  de notre série de portraits dédiés à l’entrepreneuriat dans le domaine de l’art à l’occasion de la sortie du rapport Hiscox sur le marché de l’art en ligne !

Si vous souhaitez réagir aux chiffres de l’étude, n’hésitez pas à utiliser le #OATR17 sur les réseaux sociaux.

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