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Rencontre avec Jean-Luc Roux : Entrepreneurs, n’ayez plus peur d’échouer

Nous avons rencontré Jean-Luc Roux, coach d’entrepreneurs, avec qui nous avons échangé autour de l’échec. Découvrez ses conseils pour vaincre la peur d’entreprendre et réapprivoiser la notion d’échec entrepreneurial.

Hiscox : Bonjour Jean-Luc, merci de répondre à nos questions et ainsi de faire partie des premiers experts Hiscox qui interviennent sur l’entrepreneuriat. On reviendra plus en détail sur votre parcours en fin d’interview.

Pour lancer sa société, faut-il, comme disait Churchill « agir comme s’il était impossible d’échouer ? »

Rires – C’est une bonne question ! J’ai beau admirer Churchill, je dois dire que ce n’est pas tout à fait exact pour l’entrepreneur d’aujourd’hui.

L’échec est inhérent à toute entreprise et fermer les yeux sur cette éventualité est potentiellement très grave. Tout business plan doit avoir au moins trois scenarii :

Le scenario A, c’est le plan idéal. L’idée rêvée qui se met en place comme prévu -ou presque, rassurez vous, cela n’arrive jamais ! -.

Le plan B, c’est un virage à 90°. La société continue, mais sur une idée radicalement différente de l’idée de départ. L’offre peut changer ou pas, ce peut être un changement de business model aussi.

Et puis il y a le plan Z, Z comme Zéro. On s’est plantés, que se passe t-il ? Il est important d’envisager ce scenario dès le début du projet.

Combien d’entrepreneurs ai-je vu avec un dépôt de bilan – ce qui n’est pas grave – mais une situation fiscale et familiale pas du tout préparée, un contrat de mariage en communauté, l’appartement mis en danger par les dettes de l’entreprise ?

Bref, l’échec, c’est une éventualité. Mais il faut le dédramatiser.

Hiscox : Qu’est-ce que ça signifie, dédramatiser l’échec pour un entrepreneur ?

Il faut dédramatiser car dans l’économie actuelle, tout est possible et tout va trop vite pour que les idées s’exécutent sans à-coup. Qui aurait dit qu’une startup de covoiturage, Blablacar, s’affirme en quelques mois comme le premier concurrent de la SNCF ?!

Nous parlions de « Plan B ». Le Pivoting est une notion qu’il faut avoir en tête. La qualité première du chef d’entreprise aujourd’hui est bien sûr de porter le projet avec détermination. C’est aussi être plus que jamais à l’écoute de son marché, en observation des concurrents qui peuvent venir de toutes parts, à l’écoute des bruits les plus fins pour comprendre où seront les clients demain.

En substance, la création de valeur n’est plus tant dans les produits que dans le parcours des clients. Il faut anticiper, comprendre, et adapter sans cesse l’offre ou son business model.

Nombreuses sont les grandes réussites du web qui ont pivoté. Criteo qui avait une techno de recommandation de Video, Netflix qui vendait des K7 par la poste, Flickr…

Hiscox : Flickr aussi ?

Oui, Flickr est un cas intéressant. Au départ, c’était un jeu en ligne. Il courrait droit au dépôt de bilan quand l’un des fondateurs a eu le flair – et la détermination – d’étudier ce que faisaient les internautes pendant qu’ils jouaient en ligne. Il s’est rendu compte qu’ils passaient l’essentiel de leur temps sur une fonctionnalité qui consistait à poster des photos personnelles dans le cours du jeu. La société a pivoté vers une offre de réseau social de partage de photos. Avec le succès qu’on connaît.

Hiscox : Parce que tout s’accélère, dans une société de l’immédiat, du temps-réel, l’entrepreneur doit-il être un observateur opportuniste ?

Opportuniste peut-être, mais sous réserve d’être consistant dans la durée. À l’écoute et déterminé, je préfère… Andy Grove le patron de Dell nous avait prévenu « seul les paranoïaques survivront » !

En réalité c’est la logique du « test & learn » qu’il faut intégrer impérativement. L’accélération de l’économie l’impose au chef d’entreprise. S’il attend que tout soit parfait et rôdé pour se lancer, il sera trop tard !

Hiscox : C’est logique, il faut donc encore plus qu’avant assumer de prendre des risques, de façon presque intuitive ?

Une accélération phénoménale à laquelle nous assistons, c’est l’émergence de nouveaux usages. L’économie du partage par exemple révolutionne la façon de concevoir sa boîte.

Un exemple tout simple : vous envisagez d’acheter un appartement. Ce sera le nid familiale, mais il peut devenir aussi une source de revenus inimaginables il y a peu. Vous pourrez l’habiter en semaine et le louer le week-end sur Airbnb. Vous pourrez mettre votre parking sur un site de partage avec une société du coin. Sans parler d’amortir votre voiture avec BlablaCar… On voit bien que le capital par exemple doit être apprécié sur l’éclairage d’une multitude de nouveaux usages.

Ce sont autant d’opportunités que chaque entrepreneur doit débusquer chaque jour. Et si possible provoquer plutôt que dupliquer !

Hiscox : Alors à quoi bon se fixer des objectifs ?

C’est un point. Les objectifs sont à mon sens utiles pour… communiquer !

Pour communiquer avec le banquier, communiquer avec les parties prenantes, être aligné avec ses associés, il faut bien pointer vers une direction, c’est à dire avoir des objectifs clairs. D’autant qu’il faudra s’assurer qu’on a des moyens cohérents avec ces objectifs. Moyens financiers. Moyens humains.

En bon Savoyard, je vais comparer le startupper à un alpiniste. Il part faire une course. A ce stade, ce n’est pas pour échouer !, Néanmoins tout doit être prévu, y compris le pire. La feuille de route, c’est les objectifs. Il faut pouvoir communiquer sur l’itinéraire prévu, vérifier qu’il a les moyens de ses ambitions. Le reste, ce sera… une succession d’erreurs et d’observation, de corrections de trajectoire (le pivoting) et de progression.

Ce qui serait criminel, c’est de considérer qu’il ne va pas faire d’erreur. Persister dans l’idée de départ sans écoute ni agilité. C’est en en tirant les bons enseignements de ses erreurs qu’on fait la bonne progression. Il faut sacraliser l’erreur !

Hiscox : Sacraliser l’erreur pour atteindre le sommet ?

Sacraliser l’erreur pour progresser en permanence. L’analogie avec l’escalade s’arrête là, entreprendre, ce n’est pas arriver au sommet. Je ne crois pas en tout cas. Qui peut arriver à quel somment dans une société aussi mouvante ?

Prenez Kodak par exemple. Les dirigeants avaient certainement cette conviction d’invincibilité lorsqu’ils ont négligé l’invention de la photo numérique, pourtant issue de leur propre R&D. On connaît la suite… Il est compliqué d’être agile quand on se croît au sommet.

Concluons avec Ben Sweetland : « Success is a journey, not a destination ».

Hiscox : souscrire une assurance spécialiste des TPE / PME, qui connaît les problématiques entrepreneuriales permet de limiter les conséquences des risques pris et assumés par les entrepreneurs. Une assurance qui comprend réellement les vicissitudes de la vie des entreprises permet d’oser davantage et de se prémunir contre de nombreux risques.

 

*Source : « ça va marcher ! 7 étapes pour une entreprise profitable », business model mode d’emploi – Éditions Eyrolles. cavamarcher.biz
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A propos de Jean-Luc Rouxb70197fc57cfd798348dbe2909379fa8

Coach d’entrepreneurs au sein du Google Startup launchpad.

Co-fondateur du Barcamp HEC Google.

Vice-Président d’un groupe de communication à Paris, Jean-Luc Roux est également investisseur et co-fondateur de plusieurs startups (communication, production audiovisuelle, santé 2.0 et e-Learning).

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