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#MyBossIsAGirl : Chloé Bonnet, femme entrepreneure dans l’innovation et l’Open Data

Nous y sommes ! La journée de la femme digitale 2016 c’est aujourd’hui ! En tant que partenaire de l’évènement, Hiscox vous a proposé tout au long de la semaine une série d’interviews de femmes entrepreneures. Découvrez sans plus attendre celui de Chloé Bonnet et sa startup innovation Five By Five.

Vous vous définissez comme “une sorte d’agence innovation”. Pouvez-vous nous en dire plus ?

Je comprends que ça puisse paraître assez flou mais c’est tout à fait volontaire ! Five by Five est une startup du conseil : on a toujours été un projet hybride, on n’entre pas vraiment dans les cases actuelles du marché.

Si on veut reprendre les termes génériques qu’on nous impose, disons qu’on est une jeune agence de transformation dite digitale. Nous sommes une équipe internationale de 12 personnes aux profils très divers : entre nous, on parle aussi bien data, expérience utilisateurs, design, startups et modèles économiques. Ce qui nous réunit tous, c’est notre grande passion pour l’ouverture. Quand on parle d’ouverture, elle se joue sur trois grands terrains de jeux :

  • l’ouverture des modèles économiques (il ne suffit plus de posséder pour triompher),
  • l’ouverture des grands groupes aux collaborations avec les startups (plus personne n’a le loisir d’innover dans son coin)
  • l’ouverture des entreprises à des modes de fonctionnement moins hiérarchiques, en donnant la possibilité aux “entrepreneurs de l’intérieur” d’avoir accès aux armes et aux ressources pour challenger le statut quo.

Nos clients sont aussi bien des grands groupes (SNCF, Engie, Euler Hermes, Keolis, Gemalto, Lufthansa) que des organisations internationales (l’OCDE ou La Banque mondiale). Ils ont tous un point en commun : ils ont envie d’embrasser l’ouverture, de la devancer plutôt que de la subir.

Vous êtes aussi l’ambassade de l’Open Data Institute à Paris ?

Oui, Five by Five c’est d’abord l’histoire de deux fondatrices qui se retrouvent autour d’une passion partagée, celle de l’open data. Nous voulions contribuer au mouvement et aider les acteurs publics et privés à ouvrir leurs données et à tisser des partenariats autour des startups. Quand l’Open Data Institute de Londres, fondé à Londres par Sir. Tim Berners Lee, l’inventeur du web en personne, nous a proposé d’ouvrir la branche française, on ne s’est pas posé de questions. Les missions de l’Open Data Institute et celles de Five by Five sont complémentaires : l’open data, est un peu la pointe de l’énorme de cet iceberg qu’est l’ouverture.

Comment as-tu trouvé ton associée ?

J’ai rencontré mon associée, Kat Borlongan, autour d’un projet open data. J’avais 26 ans, jeune consultante en transformation digitale, je pilotais à l’époque le tout premier programme open data d’un transporteur, celui de SNCF.

Mon travail était celui des rouages, la partie moins clinquante de l’open innovation, celle qu’on ne voit pas mais sans laquelle on ne peut rien faire. Il fallait convaincre, changer entièrement les processus de production et de collecte, et sortir les données des tiroirs. Au bout d’un moment, nous nous sommes retrouvés avec un petit tas de données à ouvrir et là on a eu besoin de les confronter rapidement aux utilisateurs. Kat venait d’arriver à Paris, elle était déjà très active dans l’écosystème technologique. Ancienne directrice de Reporters Sans Frontières au Canada, elle est passée naturellement de la liberté de l’information à l’open data. Nous avons vite formé un duo : d’un côté j’assurais les processus internes et les transformations induites par l’ouverture, de l’autre, elle faisait en sorte que les données, une fois ouverte, trouvent leur public et qu’il puisse en sortir des collaborations fructueuses entre startups et entreprises productrices de données.

Quelles ont été vos motivations ? Vos craintes ? Pourquoi avoir choisi en tant que jeune active la voie de l’entrepreneuriat par rapport au salariat ?

J’entends souvent des histoires “d’entrepreneurs nés” qui, dès l’enfance, vendaient de la limonade à leur voisin. Je ne fais pas partie de cette catégorie, je n’ai jamais cherché délibérément à être entrepreneure. Pour autant, je ne peux pas dire que j’ai particulièrement bien vécu le début de ma carrière en tant que salariée. Dans vingt ans, on regardera les modes d’organisation actuels avec émotion en se disant que c’était la préhistoire ! Les systèmes sont encore archaïques : le poids de la petite politique, des hiérarchies fondées sur l’ancienneté, l’absence de mixité à tous les niveaux, etc.

J’ai toujours voulu hacker le système de l’intérieur. J’ai donc essayé d’être dans l’avion pour le détourner pendant quelques années, avant de me dire (relativement essoufflée, il faut bien l’avouer), que ma contribution serait certainement plus efficace en dehors.

L’ouverture n’était pas tant un projet d’entreprise qu’une conviction personnelle. C’est certainement pour cette raison que je ne me souviens pas de craintes majeures au début. On se disait “on essaye et on verra dans six mois”. On voulait s’autofinancer en grande partie et il nous fallait rapidement des salaires, nous avons été rentables en trois mois. Je crois que les craintes sont ensuite plus ou moins proportionnelles au nombre de personnes dans l’équipe, la responsabilité et l’entreprise engage désormais beaucoup plus que nous.

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Quelles sont vos perspectives d’évolution ?

Nous n’avons jamais eu de rêves de grandeurs du type : “demain nous serons cent, après demain trois cent”. Ce qui nous fait lever le matin c’est de trouver les moyens d’avoir un vrai impact sur les organisations.Five by Five est en pleine croissance, nous avons bouclé le second exercice en multipliant notre chiffre d’affaires par deux. Tout est désormais une question d’arbitrages, en fonction de nos envies. Qu’est-ce qui créera le terrain favorable à un impact plus fort : une croissance effrénée, une rentabilité élevée, une expansion internationale ? Nous sommes à une période charnière, pleine de promesses pour la suite même si le chemin ne ressemblera certainement pas à une ligne droite.

Vous êtes deux femmes pour parler d’open innovation. Êtes-vous victime parfois de certains préjugés ?

La question nécessiterait un livre entier ! Au départ de notre projet, nous n’avons jamais voulu prendre en compte les préjugés. Nous n’avions pas conçu notre projet comme un projet de femmes, c’était d’abord un projet d’entreprise ! Nous étions déjà des minorités visibles dans le bastion masculin de l’innovation, nous voulions être reconnues pour ce que nous faisions, pour notre vision singulière du sujet. Aujourd’hui, avec un peu plus de recul, on se rend bien compte que certains des obstacles que nous rencontrons sont en partie liés à un biais de genre. Il y a encore une très forte sexualisation des attentes, et nous ne sommes précisément pas là où on attend deux femmes de 30 ans. Le plus difficile à gérer, c’est que la plupart des remarques sont exprimées dans un climat de sympathie, voire de bienveillance. Cela n’enlève rien à leur caractère sexiste mais cela rend la réponse ou la lutte d’autant plus difficile. Ce sexisme diffus, moins old school et hostile, est un vrai défi pour notre génération.

A ton avis, qu’est-ce que les femmes dirigeantes/entrepreneures font mieux que les hommes ?

Je sais que l’entrepreneuriat au féminin a le vent en poupe mais ce n’est pas vraiment ma tasse de thé. Je ne pense pas qu’il y ait des qualités intrinsèquement féminines, des traits distinctifs qui nous rendraient par essence, meilleures que les hommes. Je crois en revanche, que nos entreprises meurent de l’absence de mixité, notamment dans les fonctions d’innovation stratégique. L’innovation naît d’abord des divergences. C’est prouvé, les équipes mixtes créent davantage d’innovation de rupture que les équipes homogènes !

Merci Chloé pour ce superbe témoignage ! On espère que votre intervention encouragera davantage de femmes à entreprendre dans l’innovation. Comme vous l’avez si bien souligné « les équipes mixtes créent davantage d’innovation de rupture que les équipes homogènes ».

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